Témoignage de Alain Gautré

Comédien,dramaturge,spécialiste du clown (Paris)

Ce qui donne à Hervé Langlois son côté pince-sans-rire, quasi british, c’est qu’un jour, il a dit à quelqu’un : « Pincez-moi si tout va bien. » Et, depuis, il reste pincé car il a peur que ça se termine mal. Il a beau jeu de défendre son éternel slogan : « Tout va bien mais personne ne s’en doute », personne, évidemment, n’y croit plus. Son vrai slogan, ce serait plutôt : « Tout va mal et tout le monde le sait mais tout le monde fait semblant et moi le premier mais moi, j’y arrive pas. » C’est ça qui lui donne son côté attachant, cet acharnement à vouloir malgré tout essayer d’être heureux au lieu de se suicider, ce que je ferais personnellement, si j’étais à sa place. Au lieu de ça, il a décidé de faire clown, ce qui n’est pas plus mal puisqu’il a un certain talent. Ce qui lui donne un côté élégant et triste, entre Mac Ronay et Buster Keaton. Un humour à l’emporte pièce à la W.C. Fields. Et à un décalage profond, marxien, à mi-chemin entre Harpo et Groucho. Et même si son cynisme l’emporte souvent sur sa tendresse, la tendresse finit toujours par reprendre le dessus. Néanmoins, ne nous y trompons pas, il restera toujours au fond de son verre de grenadine un soupçon de vitriol.

Royal' Clown Company